Clairac et son histoire

    Blason_Clairac"Ville sans Roy, soldats sans peur"

    Avec une telle devise, la ville de Clairac n'annonce pas une histoire très paisible. À défaut d'être tranquille, son passé peut s'enorgueillir d'être riche et marquant des grands événements de l'histoire de France. Clairac, que l'on écrivait aussi autrefois Clérach, Clairach ou même Clérac, existait déjà au bord du Lot dès les temps préhistorique. Elle n'était évidemment qu'un petit établissement humain. Le coeur de la ville, à son origine, était là où se trouve la fontaine gallo-romaine, au plus proche de la rivière. Il s'établira ensuite autour de l'église Saint-Martin.

    L'origine de l'abbaye de l'ordre de Saint Benoît demeure incertaine et contestée. Ses archives ont été détruites au XVIe siècle.

    Certains la disent fondée en 767 par Pépin le Bref ou par le riche seigneur, Centulle Maurelle. D'autres, plus ambitieux, l'attribuent à Charlemagne pour fêter une de ses victoires sur le seigneur Aigoland.

    L'origine du nom de la ville est lui-même sujet à de multiples interprétations, de « Clara luce », en hommage à Dieu qui aurait permis la victoire de Charlemagne en prolongeant miraculeusement la durée du jour, à « Cleracum », ville des clercs, ou encore « Clara aqua », en raison de la limpidité des eaux du Lot.

    La région de Clairac devint un bastion protestant vers le XVe siècle. La perception des impôts catholiques autorisés par Louis XI à l'abbaye fut rapidement un problème. La ville restera insoumise, portant déjà sa devise frondeuse, jusqu'au siège de celle-ci par Louis XIII lui-même, pendant les révoltes huguenotes. Après 12 jours de siège, la ville se rendit. Trois protestants considérés comme des meneurs furent exécutés. Ces violences seront relatées dans un sonnet satirique de Théophile de Viau, fameux poète natif de Clairac. De cette blessure reste une plaque commémorative sur la place Viçose appelant à la tolérance.

    Domptée, la ville et son abbaye prospérèrent. Dans cette région favorable à un grand nombre de cultures agricole, les moines de Clairac implantèrent des prunes d'ente qu'ils avaient ramené d'Orient par les croisades. Ils expérimentèrent une cuisson et un séchage de ce fruit qui aboutirent au pruneau, plus tard baptisé « pruneau d'Agen ». Cette production devint la spécialité de la région et l'est encore de nos jours avec celle du tabac, des fraises ou des tomates, entre autres choses.

    La ville qui comptait en 1790 une population de près de 6 000 habitants voit en un siècle sa population se réduire et se stabiliser autour de 2 500 habitants. La population est toujours de cet ordre de grandeur, après une dramatique baisse à 2 200 habitants au sortir de la Première Guerre mondiale.

    De son riche passé, la ville a gardé de nombreux bâtiments inscrits au titre des monuments historiques : la Font'Grand, l'Abbaye, l'Eglise Saint-Pierre-ès-Liens, la maison des dames de la Foy, la maison à pans de bois, ou encore le château de Roche et sa fontaine Renaissance, qui ont récemment défrayé la chronique. À ces monuments, il faut ajouter toutes les belles bâtisses ancienne ainsi que les points de vue sur le Lot qui se découvrent à chaques coins de rue et appelle à la flânerie. La ville guerrière, bien que de fort caractère, est aujourd'hui devenue un havre de paix.

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